Astérix et Obélix au service de Sa Majesté
    • Astérix et Obélix au service de Sa Majesté
    • France
    •  - 
    • 2012
  • Réalisation : Laurent Tirard
  • Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
  • d'après : les bandes dessinées Astérix et les Normands et Astérix chez les Bretons
  • de : Albert Uderzo, René Goscinny
  • Image : Denis Rouden
  • Montage : Valérie Deseine
  • Musique : Klaus Badelt
  • Producteur(s) : Olivier Delbosc, Marc Missionnier
  • Production : Fidélité Films
  • Interprétation : Gérard Depardieu (Obélix), Édouard Baer (Astérix), Guillaume Gallienne (Jolitorax), Vincent Lacoste (Goudurix), Valérie Lemercier (Miss Macintosh), Fabrice Luchini (Jules César), Catherine Deneuve (la reine Cordelia), Charlotte Le Bon (Ophélia)...
  • Distributeur : Wild Bunch Distribution
  • Date de sortie : 17 octobre 2012
  • Durée : 1h49

Astérix et Obélix au service de Sa Majesté

réalisé par Laurent Tirard

Le dernier Astérix est-il le meilleur de la série depuis le drôlissime Mission Cléopâtre ? Oui. Est-il pour autant un bon film ? Non. Pas aussi consternant que les pathétiques « œuvres » de Claude Zidi et Thomas Langmann/Frédéric Forestier, le film de Laurent Tirard ne parvient jamais à rendre justice aux joyeux héros de Goscinny et Uderzo.

Le cinéma est impitoyable avec les icônes de la B.D. francophone : pour un Tintin adapté avec brio par Spielberg, combien de Schtroumpfs, de Lucky Luke ou de Marsupilami ? Le pauvre Astérix n’est guère mieux loti : excepté une sympathique adaptation par Alain Chabat, ses incursions au cinéma ont plus consterné qu’amusé, et malgré le remplacement (bienvenu) de Christian Clavier par Clovis Cornillac et aujourd’hui Édouard Baer dans le rôle-titre, le résultat est loin d’être satisfaisant. Reconnaissons toutefois à Laurent Tirard, réalisateur et co-scénariste de ce nouvel épisode, un réel effort : pour Au service de Sa Majesté (adapté de deux albums, Astérix et les Normands et Astérix chez les Bretons), les dialogues sont un brin plus travaillés, la direction d’acteurs est un peu plus subtile et la direction artistique un poil plus inventive que sur le catastrophique épisode précédent.

Faut-il pour autant s’attendre à un bon film, ou tout au mieux à un honnête divertissement ? Hélas, non. Malgré les louables efforts de toutes les parties concernées (particulièrement les acteurs, qui ne se ménagent pas pour se sauver du naufrage), Astérix et Obélix au service de Sa Majesté se contente d’aligner les vannes d’un niveau cour de récré, la fraîcheur et la spontanéité d’un enfant de huit ans en moins. Envoyés en Angleterre pour délivrer un village des assauts répétés de César (Luchini, venu encaisser son chèque), Astérix et Obélix découvrent le flegme britannique, inventent le thé et se laissent surprendre par les charmes du sexe opposé (en réaction – shocking ! – à une allusion déplacée sur le caractère ambigu du couple chaste qu’ils forment ensemble). Flanqués du neveu du barde, incarné par un Vincent Lacoste qui devrait logiquement commencer à se lasser des rôles d’ados un peu abrutis qu’il incarne régulièrement depuis le succès des Beaux Gosses, les deux héros remplissent consciencieusement leur cahier des charges : potion magique, baffes aux Romains, menhirs et sanglier. Ces gags immuables, sans cesse repris d’un album à l’autre, sont précisément ce qui fait le charme de l’œuvre d’Uderzo et Goscinny. Pourquoi, alors, la greffe ne prend-elle pas à l’écran ? Sans doute parce que l’univers ultra-stylisé de la B.D., adapté en prises de vue réelles, donne moins l’impression d’être au cinéma que dans le parc d’attractions qui constitue aujourd’hui l’essentiel de la marque « Astérix ». Pour retrouver l’humour de Goscinny et le génie stylistique d’Uderzo, mieux vaut encore retourner à la source…

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