© Warner Bros. Pictures
Évanouis

Évanouis

de Zach Cregger

  • Évanouis
  • (Weapons)

  • États-Unis2025
  • Réalisation : Zach Cregger
  • Scénario : Zach Cregger
  • Image : Larkin Seiple
  • Montage : Joe Murphy
  • Musique : Ryan Holladay, Hays Holladay, Zach Cregger
  • Interprétation : Josh Brolin (Archer Graff), Julia Garner (Justine Gandy), Alden Ehrenreich (Paul), Austin Abrams (Anthony), Cary Christopher (Alex Lilly), Benedict Wong (Andrew)...
  • Distributeur : Warner Bros. Pictures
  • Date de sortie : 6 août 2025
  • Durée : 2h08

Évanouis

de Zach Cregger

Casse-tête


Casse-tête

Une nuit, tous les élèves d’une même classe de CE2, à l’exception d’un seul, disparaissent sans explication et bouleversent la vie d’une petite ville de Floride. Faute de pistes concrètes, l’enquête policière s’apparente à une énigme dont Zach Cregger va peu à peu dévoiler les ramifications en entrecroisant le point de vue de différents personnages, de la maîtresse de la classe au seul enfant rescapé du phénomène, en passant par l’un des parents d’élèves. Si l’auteur de Barbare parvient encore ponctuellement à distiller l’effroi en perçant son décor archétypal (une zone pavillonnaire) de quelques béances insondables, l’argument narratif prend vite le pas sur la dimension joueuse de sa mise en scène. Avec Évanouis, chapitré par les noms des protagonistes dont on suit une par une les trajectoires entrelacées, le cinéma de Cregger gagne en envergure dramatique ce qu’il perd en intensité horrifique. En témoignent les visions de la première moitié (une sorcière au plafond, un homme aux yeux exorbités courant dans l’arrière-plan, etc.) qui, étouffées par un scénario à la sophistication écrasante, surgissent mollement entre deux dialogues. L’objectif de Cregger a certes changé depuis Barbare : Évanouis prouve que le cinéaste est désormais en mesure de piloter des projets aux contours plus ambitieux (on pense, dans le même ordre de grandeur, au changement d’échelle que représentait Us pour Jordan Peele après le succès surprise de Get Out). Mais son ton ironique et la vélocité de son montage, encore palpables à certains endroits (le segment réussi autour d’un héroïnomane en quête d’argent facile, ou encore un finale à la bouffonnerie galvanisante), s’accordent plutôt mal avec l’effet de dilution produit par la structure réticulaire du récit.

Empreinte à l’origine d’un certain mysticisme, la disparition des enfants constitue d’ailleurs moins une énigme qu’un casse-tête et se vide de son trouble à mesure que les pièces du puzzle sont recollées les unes aux autres. À la différence d’un film de Shyamalan (pour ne citer que lui), la révélation ne s’accompagne pas ici d’un bouleversement dans le regard porté initialement sur une situation, mais de sa clarification. En cherchant à aller au fond de l’abîme, Cregger court-circuite tout mystère : même dans le noir, on finit par y voir un peu trop clair.

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