La sortie sur nos écrans du dix-huitième film d’André Téchiné marque l’occasion de revenir sur l’œuvre riche et diversifiée d’un des réalisateurs français les plus importants de ces trente dernières années. Directeur d’acteurs réputés (il a travaillé avec les plus grands noms du cinéma français), André Téchiné se distingue aussi par une mise en scène stylisée et généreuse. Mais l’exigence formelle reste ici toujours au service d’un humanisme complexe et lucide.
Né dans une petite ville du sud-ouest de la France en 1943, André Téchiné s’installe à Paris pour tenter le concours d’entrée de l’IDHEC (la future Fémis) où il est refusé. Peu de temps après, il intègre l’équipe des Cahiers du Cinéma après avoir envoyé une critique de La Peau douce de François Truffaut. Il quitte la rédaction en 1967, peu convaincu par l’engagement maoïste de ses collaborateurs. Après avoir réalisé un court-métrage, Les Oiseaux anglais, André Téchiné se lance dans son premier long en 1969 avec l’actrice Bulle Ogier qu’il avait rencontrée sur le tournage des Idoles de Marc’O deux ans plus tôt. D’inspiration bergmanienne, ce premier film, au très beau titre Paulina s’en va, est à l’image de ce que seront les premiers films du réalisateur : tous très référencés, ils sont la preuve d’une grande cinéphilie et d’un goût immodéré pour les figures du théâtre.