© Condor Distribution
Touch
  • Touch
  • (Snerting,)

  • Islande2024
  • Réalisation : Baltasar Kormákur
  • Scénario : Baltasar Kormákur, Olaf Olafsson
  • d'après : Snerting
  • de : Olaf Olafsson
  • Image : Bergsteinn Björgúlfsson
  • Décors : Sunneva Ása Weisshappel
  • Costumes : Margrét Einarsdóttir
  • Son : Kjartan Kjartansson
  • Montage : Sigurður Eyþórsson
  • Musique : Högni Egilsson
  • Producteur(s) : Mike Goodridge, Agnes Johansen, Baltasar Kormákur
  • Production : RVK Studios, Good Chaos
  • Interprétation : Egill Ólafsson (Kristófer), Kōki Kimura (Miko), Pálmi Kormákur (Kristófer, jeune)...
  • Distributeur : Condor Distribution
  • Date de sortie : 30 juillet 2025
  • Durée : 2h01

Vieilles recettes


Vieilles recettes

Touch marque un semi-retour aux sources pour Baltasar Kormákur, acteur et réalisateur travaillant depuis vingt ans entre son Islande natale et Hollywood. Spécialisé dans l’actionner et surtout le survival – il a signé Everest, Beast et deux films avec Mark Wahlberg –, Kormákur s’attelle ici à un drame plus intimiste. Kristófer, septuagénaire en proie à une démence naissante, décide de partir à la recherche de son amour de jeunesse Miko, rencontrée à Londres cinquante ans auparavant et disparue sans laisser de trace. La capitale britannique, qui sert de point de départ à l’enquête de Kristófer, se prépare par ailleurs au confinement de 2020 : les distances de sécurité et les rues dépeuplées décuplent ainsi l’isolement du personnage, souvent enfermé dans des surcadrages. Comme l’augure le titre du film, sa quête pour retrouver Miko sera plus largement un moyen de renouer le contact avec l’autre et de briser une solitude tenace. Touch se déploie par la suite sur deux temporalités, dont l’une est un flashback de la rencontre, il y a un demi-siècle, entre Kristófer et Miko. Les tons froids du présent laissent place à des vignettes aux teintes sépia où l’Islandais intègre le restaurant japonais tenu par le père de Miko, où il apprend la cuisine et la langue nippone. L’articulation de ces deux trames s’avère rapidement aussi mécanique que cette différence d’étalonnage le laissait présager : le film alterne passé et présent comme s’il empilait des bouts de scénario et comblait laborieusement les trous dans la vie du protagoniste.

Les deux récits finissent néanmoins par converger, puisqu’en retrouvant Miko, Kristófer fait la lumière sur les raisons de son départ précipité cinquante ans plus tôt. Se dévoile alors une autre couche du récit : Miko est une « hibakusha », une rescapée de la bombe atomique qui a frappé Hiroshima alors qu’elle n’était qu’une enfant. Mais Touch peine à trouver un équilibre entre la petite et la grande histoire, piégé par les impératifs du drame lacrymal qu’il tente de mener à bien. En témoignent, durant le dénouement, les retrouvailles des deux anciens amants. De Miko, on n’aperçoit d’abord que l’ombre au travers d’une vitre dépolie, manière assez habile pour Kormákur d’ouvrir le champ des possibles – aurait-elle contracté, l’âge avançant, des symptômes dus à son exposition aux radiations ? –, tout en donnant corps à la dimension spectrale de la quête de Kristófer, qui court après le fantôme d’une vie qu’il n’aura jamais vécue. Posée en ces termes, la séquence pourrait être poignante, mais elle est rapidement avortée par un face-à-face entre les deux personnages et une étreinte plus attendue. Plutôt que d’explorer réellement le traumatisme japonais, Touch ne le convoque que pour charger encore un peu plus la barque de son mélo. Si Kormákur est rentré en Islande, il ne s’est pas dépris de certaines vieilles ficelles hollywoodiennes.

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