© New Boy Productions
The New Boy

The New Boy

de Warwick Thornton

The New Boy

de Warwick Thornton

Catho-porn


Catho-porn

De son portrait d’un jeune aborigène (Aswan Reid) recueilli par un couvent australien et converti au catholicisme, The New Boy tire surtout un style tapageur. Des flares omniprésents irisent l’image, tandis que le film abuse de plans muets et de ralentis sur fond de violons sirupeux. La combinaison de cette forme publicitaire à une iconographie catholique exalte constamment les symboles religieux, de sorte que le film semble adopter le point de vue des bonnes sœurs (dont une interprétée par Cate Blanchett) plutôt que celui de l’enfant, réduit pour sa part à un petit sorcier (il fait apparaître par magie des billes lumineuses) incapable de toute communication. Le film évangélise d’ailleurs son personnage, qui développe – à l’instar de la mise en scène – une fascination obsessionnelle pour les représentations du Christ, à tel point qu’il est régulièrement béni par une lumière divine. L’idée que l’enfant aborigène soit touché par la grâce, en plus de drastiquement minimiser la violence de sa conversion forcée à la foi catholique, offre au film une poignée de séquences confinant au ridicule : il faut voir l’enfant étaler de la confiture rouge sur les lèvres d’une statue du Christ pour comprendre le délire fétichiste dans lequel s’enfonce The New Boy.

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