© Universal Pictures International France
Black Phone 2

Black Phone 2

de Scott Derrickson

  • Black Phone 2

  • Etats-Unis2025
  • Réalisation : Scott Derrickson
  • Scénario : Scott Derrickson, C. Robert Cargill
  • d'après : Le Téléphone noir
  • de : Joe Hill
  • Image : Pär M. Ekberg
  • Décors : Patti Podesta
  • Costumes : Amy Andrews
  • Montage : Patti Podesta
  • Musique : Atticus Derrickson
  • Producteur(s) : Jason Blum, Scott Derrickson, C. Robert Cargill
  • Production : Blumhouse Productions, Crooked Highway
  • Interprétation : Mason Thames (Finney), Madeleine McGraw (Gwen), Ethan Hawke (le Faucheur / l'Attrapeur), Jeremy Davies (Terrence), Miguel Mora (Robin)...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Date de sortie : 15 octobre 2025
  • Durée : 1h54

Black Phone 2

de Scott Derrickson

Faux cauchemar


Faux cauchemar

Exit la cave décharnée du premier volet : l’intrigue de Black Phone 2 se déroule essentiellement dans un camp de vacances perché dans les Rocheuses et substitue à l’exiguïté du sous-sol une forme de claustration plus psychologique. Cette fois-ci, le cœur du concept tient dans les rêves qui assaillent Gwen (Madeleine McGraw). La suite de Black Phone creuse donc la veine du film mental ; la menace (« l’Attrapeur », toujours incarné par Ethan Hawke) ayant été vaincue par le passé, elle ne peut désormais ressurgir qu’en songe, tel un Freddy des temps modernes. Une particularité cependant : là où nombreux films mentaux jouent sur l’indistinction entre le réel et le fantasme – Smile 2 par exemple, où la réalité se dérobait sans cesse sous nos pieds, le film se révélant in fine n’être qu’un cauchemar sans fond –, une frontière plastique sépare les deux strates dans Black Phone 2, les visions de Gwen se parant systématiquement d’un épais voile granuleux. Cette partition plus marquée permet au film d’entrelacer dans ses scènes d’action deux régimes d’images : celui des rêves de la protagoniste et celui, plus net, du monde réel, dans lequel l’Attrapeur demeure insaisissable.

De ce principe stimulant sur le papier, le film tire hélas essentiellement des vignettes sensationnelles qui font appel à l’iconographie du cinéma d’horreur (on pense par exemple à L’Exorciste devant les images de corps propulsés par une force invisible). Face à cet échec, les séquences de rêve s’apparentent avant tout (comme l’étaient déjà les objets et spécificités de la cave dans le premier volet) à une réserve d’indices dont les personnages se saisissent à chaque réveil en vue de mettre hors d’état de nuire « l’Attrapeur » et de se réconcilier avec leur passé – la mère de la fratrie refait surface dans les visions de Gwen. Le film s’achèvera d’ailleurs sur un « empouvoirement » de l’héroïne et une reprise de contrôle sur ses visions : la promesse d’une forme chaotique induite par le dispositif onirique restera lettre morte.

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