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Honey Don’t

Honey Don’t

de Ethan Coen

  • Honey Don’t

  • États-Unis2025
  • Réalisation : Ethan Coen
  • Scénario : Ethan Coen, Tricia Cooke
  • Image : Ari Wegner
  • Musique : Carter Burwell
  • Production : Tim Bevan, Ethan Coen, Tricia Cooke, Eric Fellner et Robert Graf
  • Interprétation : Margaret Qualley (Honey O'Donahue), Aubrey Plaza (M. G.), Chris Evans (Drew), Charlie Day (Marty Metakawitch), Kristen Connolly (Heidi O'Donahue)...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Durée : 1h30

Honey Don’t

de Ethan Coen

La chute du perroquet


La chute du perroquet

Voilà à présent sept années que les frères Coen ont décidé d’œuvrer chacun de leur côté. Ce nouvel élan ne s’avère en rien salutaire tant leur filmographie, déjà inégale, est depuis essentiellement entachée de mauvais films. Honey Don’t ne risque pas d’infléchir la tendance : dans la droite ligne de Drive-Away Dolls, le nouveau film d’Ethan Coen se rêve en film noir lesbien et en série B déjantée – c’est selon – mais échoue à convaincre sur les deux tableaux. L’ouverture se montre pourtant inspirée en misant sur l’efficacité de cadrages épurés (deux plans en contreplongée suffisent notamment à imposer un personnage féminin que l’on croirait échappé d’un film de Russ Meyer). Hélas, le cinéaste a le virus copiste ; un film signé Coen doit forcément ressembler à un film des Coen, au risque de la caricature plombante. Vers la fin de Honey Don’t, un perroquet voit sa cage tomber et s’ouvrir. L’oiseau subitement libéré se met à voler dans la pièce et bute à plusieurs reprises violemment contre une vitre, avant, une ultime fois, de tomber. Bel aveu inconscient : la scène est une métaphore parfaite du film.

S’il fallait malgré tout trouver ici une once d’originalité venant perturber certains réflexes coeniens (esthétique « cartoon », mécanique narrative, second degré, violence absurde), ce serait du côté de la libido des personnages. On devine que la singularité de Honey Don’t devrait émerger des relations féminines décomplexées, mais ces dernières sont si grossièrement filmées que la tâche se révèle ardue. Obstacle supplémentaire : Ethan Coen désamorce toute forme de désir, ne sachant précisément pas quoi en faire, du désir, ni de l’érotisme. Une scène de masturbation dans un bar bondé, rappelant l’orgasme simulé de Quand Harry rencontre Sally, tourne ainsi à l’amusement puéril. Difficile, décidément, de voler de ses propres ailes.

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