© Universal Pictures International France
Drive-Away Dolls

Drive-Away Dolls

de Ethan Coen

  • Drive-Away Dolls

  • Etats-Unis2024
  • Réalisation : Ethan Coen
  • Scénario : Tricia Cooke et Ethan Coen
  • Image : Ari Wegner
  • Montage : Yong Ok Lee
  • Producteur(s) : Ethan Coen, Tricia Cooke, Tim Bevan, Eric Fellner, Robert Graf
  • Production : Working Title Films, Focus Features
  • Interprétation : Margaret Qualley (Jamie), Geraldine Viswanathan (Marian), Joey Slotnick (Arliss)...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Date de sortie : 3 avril 2024
  • Durée : 1h24

Drive-Away Dolls

de Ethan Coen

Poupées dégonflées


Poupées dégonflées

Malgré une photo et une direction artistique rutilantes, The Tragedy of Macbeth, le premier film de Joel Coen sans son frère Ethan[1]Même si Joel était crédité comme seul metteur en scène jusqu’à Ladykillers, et Ethan comme producteur et coscénariste. n’a guère marqué les esprits. Dénué de toute prétention artistique, celui d’Ethan sans Joel a cependant toutes les chances de passer directement aux oubliettes. Remake saphique de Thelma et Louise, Drive-Away Dolls est le fruit de l’imagination de Tricia Cooke, l’épouse du réalisateur, qui a écrit la première mouture du scénario il y a plus de 20 ans. Situé en 1999, ce road movie déjanté (ou qui du moins s’envisage comme tel) réunit deux copines, Jamie (Margaret Qualley) et Marian (Geraldine Viswanathan), qui transportent à leur insu une mallette très convoitée, planquée à bord de leur véhicule de location. Cette traversée de l’Amérique au tournant du millénaire vire à l’odyssée sexuelle et sentimentale pour les deux comparses, traquées par des malfrats bien décidés à récupérer leur dû, à savoir une collection de godemichés moulés sur les pénis de politiciens en vue.

Sans queue ni tête (Pedro Pascal est d’ailleurs décapité dès les premières minutes), Drive-Away Dolls croule sous les références, voire l’autoréférence, en livrant une caricature défraîchie des comédies comptant déjà parmi les moins inspirées des frères Coen, de Ladykillers à Intolérable cruauté. Les rebondissements s’accumulent et les registres se télescopent comme autant de cache-misères, dissimulant mal l’absence de raison d’être du projet. Variant les angles de prises de vue à n’en plus finir, le film est en outre monté à la machette, désespéré d’imprimer un quelconque rythme à un récit condamné au surplace par son manque d’enjeux. Un comble pour un road trip. Cet échec est d’autant plus patent qu’au même moment, la moitié d’une autre fratrie légendaire du cinéma américain, Peter Farrelly, renoue avec la vigueur égrillarde de ses débuts dans Ricky Stanicky, dont les outrances ne sont que l’envers d’une célébration de la différence, qu’elle soit sexuelle ou de classe.

Notes

Notes
1 Même si Joel était crédité comme seul metteur en scène jusqu’à Ladykillers, et Ethan comme producteur et coscénariste.

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