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L’Affaire de la mutinerie du Caine

L’Affaire de la mutinerie du Caine

de William Friedkin

  • L’Affaire de la mutinerie du Caine
  • (The Caine Mutiny Court-Martial)

  • États-Unis2023
  • Réalisation : William Friedkin
  • Scénario : William Friedkin
  • d'après : Ouragan sur le Caine
  • de : Herman Wouk
  • Producteur(s) : Annabelle Dunne, Matt Parker, Michael Salven, Mike Upton
  • Production : Paramount Global Content Distribution, Republic Pictures
  • Interprétation : Kiefer Sutherland (Queeg), Jason Clarke (Greenwald), Jake Lacy (Maryk)...
  • Distributeur : Paramount +
  • Date de sortie VOD : 17 janvier 2024
  • Durée : 1h48

L’Affaire de la mutinerie du Caine

de William Friedkin

The Last stand


The Last stand

Si l’on se désole de ne pas pouvoir découvrir en salle le film posthume de William Friedkin (sorti directement sur la plateforme Paramount +), force est de constater que L’Affaire de la mutinerie du Caine est une œuvre mineure au sein de sa filmographie. Adapté de la pièce Ouragan sur le Caine (elle-même tirée d’un roman d’Herman Wouk), le film trahit vite son inspiration théâtrale : alors que le huis-clos de Bug (2006) ménageait une tension éreintante en plongeant dans le délire paranoïaque d’un couple, Friedkin ne tire ici de ce resserrement qu’un téléfilm de procès à la mise en scène fonctionnelle. Le lieutenant Maryk (Jake Lacy) s’y voit accusé de mutinerie pour avoir relevé de ses fonctions le commandant Queeg (Kiefer Sutherland) alors que leur navire, l’USS Cayne, était pris dans une tempête homérique. Tout l’enjeu du procès consiste à statuer sur l’état de santé mentale (et donc l’aptitude à commander) de Queeg, officier apparemment irréprochable mais décrit par ses subordonnés comme un tyran sans courage.

À mille lieues de la nervosité qui caractérisait encore Killer Joe (2011), le film gagne pourtant progressivement en intensité, notamment lorsque Greenwald (Jason Clarke), l’avocat de Maryk, somme Queeg de justifier point par point son attitude discutable. La longueur des plans s’accorde alors à la pression croissante subie par le commandant, qui perd lentement pied sous l’œil de la caméra, rivée sur lui. On retrouve presque, durant cette séquence portée par la performance de Kiefer Sutherland, le regard implacable du réalisateur, qui dissèque méticuleusement la perte de contrôle du militaire.

L’épilogue du film permet par ailleurs à Friedkin de faire en sous-main ses adieux. Félicité par les amis de Maryk pour avoir crucifié leur supérieur, Greenwald, libéré de ses fonctions d’avocat, prend cette fois la défense de Queeg et, avant de quitter les lieux, jette son verre de whisky au visage de l’instigateur de la rébellion. Ce dernier geste, qu’aurait pu accomplir le cinéaste lui-même (dont la réputation de franc-tireur irascible ne date pas d’hier), conclut ainsi L’Affaire de la mutinerie du Caine par un au-revoir en forme de doigt d’honneur. Friedkin ne pouvait clore sa houleuse mais remarquable carrière sans une dernière bravade.

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