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Soumsoum, la nuit des astres

Soumsoum, la nuit des astres

de Mahamat-Saleh Haroun

  • Soumsoum, la nuit des astres

  • France, Tchad2026
  • Réalisation : Mahamat-Saleh Haroun
  • Scénario : Mahamat-Saleh Haroun, Laurent Gaudé
  • Image : Mathieu Giombini
  • Costumes : Agnès Noden
  • Son : Josefina Rodriguez
  • Montage : Svetlana Vaynblat
  • Musique : Bibi Tanga
  • Producteur(s) : Florence Stern, Mahamat-Saleh Haroun
  • Production : Pili films, Goï-Goï Productions
  • Interprétation : Maïmouna Miawama (Kellou), Eriq Ebouaney (Garba), Achouackh Abakar Souleymane (Aya)...
  • Distributeur : KMBO
  • Date de sortie : 22 avril 2026
  • Durée : 1h41

Soumsoum, la nuit des astres

de Mahamat-Saleh Haroun

Empesé et éthéré


Empesé et éthéré

Comme Lingui, les liens sacrés, précédent long-métrage de Mahamat-Saleh Haroun, Soumsoum, la nuit des astres embrasse un horizon féministe en figurant, dans le Tchad d’aujourd’hui, des femmes unies contre le système patriarcal et ses lois corsetées. Cette ambition politique se joint à la volonté reconduite du cinéaste de brosser le portrait d’une adolescente, avec sa solitude et sa difficulté à s’affirmer maîtresse de sa propre vie. Soumsoum se démarque toutefois par son incursion dans le fantastique : la jeune héroïne, Kellou, a le don de lire dans le passé (celui de son père notamment) et noue peu à peu une amitié forte avec une voisine considérée comme la « sorcière » du coin, nourrie par leur conscience d’être dépositaires d’un savoir millénaire. Lorsque cette dernière meurt, Kellou s’emploie, malgré l’opposition des hommes du village, à lui offrir une sépulture dans une cavité magique située au loin, dans le désert de l’Ennedi. Mais le film ne s’affranchit malheureusement pas du poids de son sujet : la forme y reste entièrement subordonnée au souhait de dénoncer sans détour le patriarcat dans la société tchadienne. Ainsi le tracé narratif (divisé entre une partie au village et une autre, plus courte, dans le désert) conduit-il à une fiction calibrée, le montage et la mise en scène ne s’octroyant que de très rares libertés – tel le long plan d’ouverture, sur une pluie torrentielle dans la nuit noire. Si le film n’est pas dénué de tendresse pour ses personnages, il manque en outre de chair et de consistance dans sa manière de figurer le cheminement de son héroïne jusqu’au cœur du désert tchadien : les scènes se fondent dans une esthétique conventionnelle, l’image demeurant enclose dans une joliesse un peu lisse. Tout à la fois éthéré dans sa forme et empesé par son sujet, Soumsoum suscite en définitive une certaine indifférence.

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