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All We Imagine As Light

All We Imagine As Light

de Payal Kapadia

All We Imagine As Light

de Payal Kapadia

Lueur vacillante


Lueur vacillante

Surprise du chef lors de l’annonce de la sélection officielle, le deuxième long-métrage de Payal Kapadia était attendu pour réveiller la compétition dans son ultime ligne droite. Dès les premières scènes, on a pourtant plutôt l’impression de voir un film taillé pour Un certain regard : les promesses de l’intrigant Toute une nuit sans savoir ont laissé place à une fiction plus calibrée qui, sous son récit vaporeux, entend brosser le portrait de trois femmes dans l’Inde d’aujourd’hui, avec leur solitude et leur impossibilité à trouver le bonheur. Ce qui étonne tient surtout à la façon dont l’entrelacement narratif (redoublé par une division entre une partie à Mumbai et une autre à la campagne) aboutit à une forme d’aplatissement : les scènes se fondent dans une même temporalité diluée, ne ménageant que de rares pas de côté – la visite d’une grotte, quelques éclats des lumières nocturnes de la métropole, etc.

Kapadia, se calant sur le travail de ses personnages (infirmières dans un même hôpital), prend leurs pouls pour saisir délicatement quelque chose de leur peine et tenter de ménager, à travers une société dont les forces répressives demeurent hors champ (des parents traditionalistes, le système des castes figuré par un seul panneau publicitaire, etc.), une entente sororale. Délicatesse : telle est peut-être la qualité à double tranchant du film, pas dénué de tendresse pour ses personnages, mais qui souffre d’un manque d’incarnation dans la manière de figurer leur cheminement vers une lumière ténue au cœur de la nuit.

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