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The Surfer

The Surfer

de Lorcan Finnegan

The Surfer

de Lorcan Finnegan

Pas de vagues


Pas de vagues

Depuis Réveil dans la terreur, les terres australiennes sont souvent le théâtre de spirales infernales qui aspirent des personnages impuissants. Variation côtière sur ce thème, The Surfer se déroule intégralement sur une plage et son parking attenant. Dirigée par une bande de malfrats, la communauté locale tente de préserver la « pureté » du lieu, chassant surfeurs et touristes indésirables. Il en faut néanmoins plus pour dérouter « le surfeur » (Nicolas Cage), bien décidé à acquérir la maison de son enfance située sur une corniche surplombant l’océan. Avec son image délavée et brûlée par le soleil, le film égrène une galerie de visages burinés et grimaçants, dont des gros plans tremblants viennent régulièrement souligner les contorsions.

Lointains cousins des gangsters de Point Break (en nettement moins romantiques), les « Bay boys » tirent de l’océan et du surf une mystique masculiniste et crypto-fasciste. Les brimades et sévices que le groupe fait subir au personnage principal constituent, dans cette perspective, presque un rite d’initiation. « Le surfeur » perd un à un ses attributs (sa voiture, son téléphone, ses chaussures), sa dignité et même son sens moral. Ce programme permet au film de multiplier les effets plus ou moins heureux (contre-plongées très accentuées sur le personnage, inserts brutaux sur la faune locale riant de son sort, etc.), et à Cage d’exhiber toute une gamme de faces hagardes et de regards endoloris. En un sens, le surfeur suit une trajectoire narrative permettant de « débloquer » progressivement l’acteur, qui passe du bon père de famille à une créature déguenillée et geignarde. Un temps convaincant, ce chemin de croix en tongs finit par s’égarer, son énergie se retrouvant ternie par une relative timidité dans les effusions de violence mais aussi par le scénario, qui empêche le personnage de Nicolas Cage de sombrer tout à fait, pour lui faire à nouveau endosser le costume du père. Trop sage, The Surfer fait mentir l’avis de tempête.

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