Rourke (Ben Affleck), un flic désabusé d’Austin, est hanté par la disparition de sa fille, kidnappée alors qu’elle était sous sa surveillance. Lors d’un braquage, le policier texan tombe sur un malfrat aux talents d’hypnotiseur qui semble savoir comment la retrouver. En suivant sa piste, il découvre que des individus aux capacités surnaturelles sont capables de contrôler les esprits. Ce n’est pas tout : membres d’une société secrète, ces hypnotiseurs peuvent altérer la perception qu’ont leurs victimes de la réalité, et même effacer leur mémoire. Sur ce point, Hypnotic s’inscrit ouvertement dans le sillage du cinéma de Nolan, dont il reprend certaines idées (le fait de perdre la mémoire et de laisser des indices pour la retrouver, comme dans Memento) et visions marquantes (une ville pliée en deux par la seule volonté d’un esprit démiurge, calquée sur le modèle de la séquence parisienne d’Inception).
Mais Robert Rodriguez n’a pas tout à fait les mêmes ambitions : si la première partie du film repose déjà sur un concept réchauffé, Hypnotic s’en remet ensuite à une autre formule rebattue, dans un dernier tiers conspirationniste très gourmand en rebondissements qui emprunte à The Truman Show et The Game. Un tour en magie en cache toujours un autre, avec un twist à chaque coin de rue et la même révélation au bout du chemin : le monde moderne n’est qu’une image, un simulacre. Difficile de sauver quelque chose de cette série B sans fougue ni idées, si ce n’est sa manière de filmer Ben Affleck, souvent cadré de sorte à ce que sa silhouette s’inscrive à l’intérieur d’une toile d’araignée formée par les mailles du décor. Toujours aussi pataud et rigide, l’acteur y rejoue la partition de Gone Girl : celle d’un pantin manipulé qui met trop longtemps à comprendre que le monde autour de lui relève d’une vaste mise en scène.