La limpidité du titre n’est en rien mensongère : Six jours, ce printemps-là se propose de filmer une famille recomposée durant une semaine de vacances sur la Côte d’Azur, près de Saint-Tropez. Seul hic pour ombrager le tableau : la luxueuse villa qui accueille Sana (Eye Haïdara), ses deux enfants et son nouveau compagnon appartient en vérité à l’ancienne belle-famille de l’héroïne. L’épure du scénario, qui voit principalement se succéder des scènes sans enjeux dramatiques forts (baignades, jeux, petites disputes), est toutefois contrebalancée par une mise en scène affichant sa nervosité : caméra portée, plans serrés sur les personnages et une faible profondeur de champ qui contribue à les abstraire de leur environnement. Ce principe d’une captation « à fleur de peau » est certes peu novateur mais, couplé au cadre idyllique de la Côte d’Azur, il empêche le personnage de Sana de se fondre tout à fait dans un décor de carte postale. Bonne idée, que le film répète hélas beaucoup, au risque de verser dans un systématisme visant à insuffler une tension artificielle.
Pour se relancer, le film table sur l’apparition d’un nouveau corps au détour d’une scène : le concierge d’une villa voisine (Damien Bonnard), bloc d’antipathie et de violence rentrée, surgit en frappant à toutes les portes et fenêtres de la maison de vacances, traquant les dangereux criminels qui auraient abîmé la clôture de ses clients. Terrés dans une bâtisse qu’ils ne sont pas censés habiter, les deux fils de Sana attendent, impuissants, que la menace s’apaise. Mais l’employé zélé ne décolère pas et la séquence parvient, par sa durée, à rendre pleinement tangible la terreur des enfants. Si le segment se détache, c’est toutefois parce qu’il ouvre une brèche dans un récit sinon trop monocorde ; ailleurs, l’intensité que vise Lafosse reste le fruit d’une forme un peu automatique.