C’est à chaque fois la même histoire : Zack Snyder promet, une fois de plus, que la version director’s cut de Rebel Moon sera plus « sanglante et adulte » que les deux films mis en ligne sur Netflix, avec des combats plus violents et même des scènes de sexe. Le problème ne tient pourtant pas à l’absence de fluides corporels. Comme la première partie sortie fin décembre, L’Entailleuse est une série B peu inspirée, dont le seul mérite est son intrigue resserrée. Toujours dans le sillage des Sept samouraïs, cette suite se concentre exclusivement sur la défense d’un village menacé par l’empire intergalactique, des préparatifs stratégiques à l’entraînement des locaux au maniement des armes.
Certes moins laborieux que le premier volet (le développement des personnages y est plus léger), le film reste toutefois prévisible d’un bout à l’autre, en particulier dans son recours aux sempiternels ralentis snyderiens. Ces derniers interviennent un peu plus fréquemment au milieu de certaines scènes d’action, mais peinent toujours à trouver une place significative dans l’économie figurative du film, qui cantonne ses effets les plus frappants à des parenthèses musicales ou hyperboliques. Avec cet énième barnum standardisé, dont on ne retiendra que quelques plans – un combat au sabre laser à la verticale dans le hangar d’un vaisseau en train de tomber, inspiré de l’ouverture de La Revanche de Sith, ou encore des moissons filmées au ralenti lors d’une sorte de clip proto-communiste bardé de faucilles et de marteaux –, l’amiral Snyder semble une fois de plus à la dérive parmi les étoiles.