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Rebel Moon — Partie 1 : Enfant du feu

Rebel Moon — Partie 1 : Enfant du feu

de Zack Snyder

  • Rebel Moon — Partie 1 : Enfant du feu
  • (Rebel Moon: Part One – A Child of Fire)

  • États-Unis2023
  • Réalisation : Zack Snyder
  • Scénario : Shay Hatten, Kurt Johnstad, Zack Snyder
  • Image : Zack Snyder
  • Montage : Dody Dorn
  • Musique : Tom Holkenborg
  • Producteur(s) : Wesley Coller, Eric Newman, Deborah Snyder, Zack Snyder
  • Production : The Stone Quarry, Grand Electric
  • Interprétation : Sofia Boutella (Kora), Charlie Hunnam (Kai), Ray Fisher (Darrian Bloodaxe)...
  • Distributeur : Netflix
  • Date de sortie VOD : 22 décembre 2023
  • Durée : 2h14

Rebel Moon — Partie 1 : Enfant du feu

de Zack Snyder

Lunaire


Lunaire

Peut-on sauver quelque chose de la première partie de Rebel Moon, qui retrace, sous l’influence évidente des films Star Wars, les balbutiements d’une révolte contre un empire intergalactique malfaisant ? Des fermiers menacés par un amiral impitoyable au recrutement de mercenaires pour protéger les agriculteurs démunis, Zack Snyder emprunte autant à Georges Lucas qu’aux films de Kurosawa (déjà la matrice de la saga du Californien) à l’intérieur d’un melting-pot SF dont la plus grosse faiblesse, outre un scénario paresseux riche en poncifs et scènes réchauffées, tient à sa plasticité bâtarde. Le film ne paraît pas savoir sur quel pied danser entre, d’un côté, un régime télévisuel calibré pour des scènes dialoguées et, de l’autre, le style pompier cher au cinéaste, constitué de ralentis fétichistes et outranciers. C’est qu’il y a longtemps eu un malentendu au sujet du cinéma de Snyder : célébré pour sa dimension « esthétique », sa mise en scène se résume pourtant à alterner coups de force riefenstahliens (300, Watchmen, la director’s cut de Justice League) et académisme plat pour remplir le vide entre deux tableaux vivants.

Cantonnés à une poignée de flashbacks et quelques panoramas, les ralentis ne sauraient ici maquiller la banalité de l’univers dépeint, où défilent décharges spatiales, déserts hostiles et dystopies cyberpunk. Non seulement chaque décor n’est jamais exploré ou considéré pour ses particularités spatiales (s’agit-il encore d’un « space » opera ?), mais ils semblent en plus tout droit sortis d’une usine à clichés. Or ce type de film d’aventure très léger, reposant sur un voyage de planète en planète, ne vise au fond qu’à susciter un sentiment de dépaysement et un émerveillement propre à la découverte. Au vu de la précipitation avec laquelle Snyder passe d’un décor stéréotypé à un autre, pas sûr que la deuxième partie, qui aura la tâche de boucler l’intrigue, puisse relever le niveau de cette odyssée sans singularité.

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