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Le Diable, tout le temps

Le Diable, tout le temps

de Antonio Campos

  • Le Diable, tout le temps
  • (The Devil All The Time)

  • États-Unis2020
  • Réalisation : Antonio Campos
  • Scénario : Antonio Campos, Paulo Campos
  • Image : Lol Crawley
  • Montage : Sofia Subercaseaux
  • Production : Borderline Films, Nine Stories
  • Interprétation : Tom Holland (Arvin Russell), Robert Pattinson (Preston Teagardin), Bill Skarsgård (Willard Russell), Jason Clarke (Carl Henderson), Riley Keough (Sandy Henderson)...
  • Distributeur : Netflix France
  • Date de sortie VOD : 16 septembre 2020
  • Durée : 2h18

Le Diable, tout le temps

de Antonio Campos

Métaphysique en boîte


Métaphysique en boîte

Le Diable, tout le temps est, comme son titre l’indique, un film sur le Mal avec un grand M, celui qui, dans toute sa malice, s’abrite sous le manteau de la respectabilité chrétienne et des superstitions religieuses. Pendant 2h20, le récit fait son miel d’une Amérique dégénérescente, où cohabitent pasteur libidineux, tueurs en série photographes, shérif corrompu, femmes sacrifiées et malades, gangrénées par le cancer ou le venin de beaux parleurs qui, bouffis de délire, s’imaginent être touchés par le Saint-Esprit. La croix est, dans cette perspective, à la fois le motif structurant du récit, qui télescope plusieurs histoires amenées à entrer en résonance, en même temps que l’objet d’une inversion morale : elle devient la source originelle du mal, l’incarnation de toutes les perversions de l’âme humaine. Ambitieux programme, à côté duquel le film passe dans les grandes largeurs, la faute à une mise en scène parfaitement académique qui ne sert que d’écrin à un scénario multipliant naïvement renversements et dualismes.

Exemples parmi d’autres : le récit est enserré par deux guerres (la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam), pour souligner à coups de Stabilo la violence du Monde ; l’arme rapportée de la guerre par le père du héros, qui aurait supposément appartenu à Hitler, devient finalement le moyen par lequel toutes les figures perverties sont châtiées ; le rôle joué par les négatifs de photos, qui lèvent le voile, comme dans The House That Jack Built, sur la monstruosité humaine. Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent dans ce film où la voix-off vient combler le vide des séquences pour éclairer telle ou telle facette d’un personnage, si ce n’est une ribambelle d’acteurs qui, hélas, déçoivent : Pattinson cabotine dans un rôle, il est vrai, pas très léger, quand la revenante Mia Wasikowska, qui malheureusement s’est faite rare ces dernières années, ne figure que dans une poignée de scènes anodines pour mieux rapidement disparaître.

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