© Guang Hua Cultures Et Media (GHCM)
Legends of the Condor Heroes — The Gallants

Legends of the Condor Heroes — The Gallants

de Tsui Hark

  • Legends of the Condor Heroes — The Gallants
  • (She diao ying xiong zhuan: Xia zhi da zhe)

  • Chine2024
  • Réalisation : Tsui Hark
  • Scénario : Tsui Hark
  • d'après : l'œuvre
  • de : Louis Cha
  • Musique : Ricky Ho
  • Producteur(s) : Fu Ruo Qing
  • Production : China Film Co., Ltd.
  • Interprétation : Xiao Zhan (Guo Jing), Zhuang Dafei (Huang Rong), Tony Leung Ka-fai (Le Venin de l'Ouest), Baya'ertu (Genghis Khan)...
  • Distributeur : Guang Hua Cultures Et Media (GHCM)
  • Date de sortie : 12 mars 2025
  • Durée : 2h26

Legends of the Condor Heroes — The Gallants

de Tsui Hark

Encore un peu de venin


Encore un peu de venin

Depuis vingt ans, le cinéma virevoltant de Tsui Hark s’est fondu dans un genre qui tend à limiter ses élans : le blockbuster historique, voire historico-fantastique, dont les différentes déclinaisons, bien que populaires au box-office chinois, ne trouvent plus que de manière intermittente le chemin des salles françaises. Legends of the Condors Heroes, qui entremêle un mélodrame sirupeux, une guerre continentale (avec Gengis Khan en personne) et la recherche d’ancestrales techniques d’arts martiaux, repose sur un étonnant alliage entre épopée académique et wu xia pian plus singulier. Le film semble tout entier habité par une série de paradoxes. D’abord, sur le plan narratif : le scénario peut brosser en une poignée de minutes des mouvements entiers de son histoire, mais également ressasser, par l’entremise de flashbacks dispensables, des bouts de séquences entraperçus seulement quelques instants plus tôt. Ce surlignage dramaturgique jure par ailleurs avec la confusion dans laquelle baigne le récit, à la fois hyper ample et presque trop court au regard du feuilleté qu’il met en place.

Sur la mise en scène, ensuite : si le film ressemble parfois à un téléfilm de luxe inspiré par Le Seigneur des anneaux, il convainc davantage lorsqu’il se focalise sur l’antagoniste, le bouffon et maléfique « Venin de l’Ouest », un « maître de la Plaine » doté de grands pouvoirs. À son contact, le film s’hybride encore plus, entre farce burlesque, déchaînement d’effets spéciaux et chorégraphies furibondes. C’est la part la plus réussie de Legends…, bien qu’elle reste minoritaire : les enjeux narratifs deviennent le catalyseur d’une cinégénie numérique qui fait de l’eau, de l’air ou du feu des matières domptables par les personnages rivalisant d’inventivité pour sortir triomphants d’affrontements aussi homériques que ludiques. Seules quelques scènes aériennes se détachent au sein de cette fresque qui pèse son poids, mais il n’empêche : même si les films de Tsui Hark investissent désormais un cadre très balisé, ils ne ressemblent à rien d’autre qu’à eux-mêmes – épiques et pourtant bizarres, lourds et toutefois ponctuellement gracieux, normés et néanmoins striés d’éclats.

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