The Last Dance achève une trilogie bizarrement composée, dont le meilleur épisode, Magic Mike XXL, est le seul à ne pas avoir été réalisée par son cerveau, Steven Soderbergh[1]Le réalisateur était tout de même crédité comme chef-opérateur et monteur, tandis que son acolyte, Gregory Jacobs, s’installait derrière la caméra.. Ce troisième volet ressemble à un curieux panachage des deux précédents, entre un retour à un scénario psychologique et l’aspiration à produire un pur morceau d’hédonisme. Le show londonien que tente de monter Mike (Channing Tatum) et sa nouvelle mécène, Maxandra (Salma Hayek), c’est au fond ce qu’étalait XXL pendant près de deux heures : un ballet érotique mu par le seul impératif du plaisir partagé, entre les danseurs mais aussi entre la scène et le public.
De ce spectacle, on ne verra toutefois que des fragments agencés au sein d’un récit dont la logique ressemble à celle des films de braquage tournés par le cinéaste (la trilogie Ocean, Logan Lucky) – constitution d’une équipe, préparatifs, accomplissement de la mission. Cet enchaînement mécanique commente involontairement quelque chose du cinéma de Soderbergh. Des nombreuses séquences en accolade émane en effet le parfum d’une légère désaffection : les danses mises en scène par Mike relèvent moins de la « magie » ressentie par Maxandra qu’elles ne sont l’expression d’un artisanat routinier. Avec six films en quatre ans, pour la plupart passés inaperçus, la carrière de Soderbergh commence à devenir difficile à suivre. The Last Dance ne change pas la donne : en lieu et place du baroud final promis par son titre, le film n’a pour finalité qu’un énième tour de piste.
Notes
| ↑1 | Le réalisateur était tout de même crédité comme chef-opérateur et monteur, tandis que son acolyte, Gregory Jacobs, s’installait derrière la caméra. |
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