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I Want Your Sex

I Want Your Sex

de Gregg Araki

  • I Want Your Sex

  • Etats-Unis2026
  • Réalisation : Gregg Araki
  • Scénario : Karley Sciortino; Gregg Araki
  • Image : Tucker Korte
  • Montage : Gregg Araki, Victor de la Parra
  • Musique : James Clements
  • Producteur(s) : Gregg Araki
  • Production : Black Bear Pictures
  • Interprétation : Cooper Hoffman (Elliot), Olivia Wilde (Erika Tracy), Mason Gooding (Zap), Chase Sui Wonders (Apple), Charli xcx (Minerva)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 29 juillet 2026
  • Durée : 1h30

I Want Your Sex

de Gregg Araki

Sunsex boulevard


Sunsex boulevard

Au moment de présenter I Want Your Sex, Gregg Araki a beaucoup commenté la façon dont le film (son premier en douze ans) se fait l’écho de la baisse de la sexualité dans la Gen Z, jusqu’à décrire sa comédie comme « une lettre d’amour positive sur le sexe » adressée aux jeunes adultes de moins en moins portés sur la chose. Pas sûr toutefois que cette comédie, assez anecdotique au sein de sa filmographie, leur parle vraiment : pour la première fois, Araki ne regarde plus tout à fait la jeunesse avec l’énergie tonitruante de ses débuts ou la mélancolie abyssale de Mysterious Skin. I Want Your Sex ressemble pourtant à bien des égards à un retour d’Araki à sa première manière (parenthèses pop, débordements formels entre le cartoon et le psychédélisme), mais dont le style paraît anémié par l’écoulement du temps. Le film raconte, dans un long flashback, la relation SM et limite entre un jeune homme, Elliott (Cooper Hoffman), et son employeuse, Erika (Olivia Wilde), une artiste contemporaine dont les œuvres sont toutes articulées autour de la sexualité. La narration rétrospective ouvre sur un remake camp de Boulevard du crépuscule (du début dans la piscine à la fin qui figure un visage se liquéfiant), mais aussi sur une étude, qui se voudrait à la fois mordante et nuancée, des interactions des deux amants, Elliott devenant le « sub » (comprendre : le soumis et le jouet) de sa supérieure hiérarchique. Encadré par un interrogatoire policier, le récit est ainsi régulièrement commenté par les inspecteurs, pour que le héros apporte un éclairage en retour : oui, le comportement d’Erika peut passer pour manipulateur, oui certaines de leurs pratiques sexuelles étaient abrasives, mais il n’en demeurait pas moins un cobaye consentant et curieux de repousser les limites de ses fantasmes.

Ce n’est pas un hasard si Erika, dans l’entretien d’embauche qu’elle fait passer à Elliott au début de l’analepse, raille la « police woke » : le film entend justement désamorcer des lectures univoques de leur liaison, tout en donnant quelques taquets à une génération supposément trop frileuse dans son exploration de la sexualité. On le voit bien : du pastiche de Billy Wilder au dispositif de l’interrogatoire, qui veut contrecarrer une série d’interprétations judiciaires et morales (on y entend des termes comme « grooming », « harcèlement sexuel » ou « gaslighting »), le point de vue du film est bien peu du côté des adolescents et jeunes adultes d’aujourd’hui. Le scénario laissera même s’échapper hors champ le seul personnage qui ne vit pas sa sexualité avec épanouissement : la meilleure copine d’Elliott, en larmes après une tentative de plan à trois foirée. Ce qui étonne, surtout, c’est la mollesse de la comédie. La chair est un peu triste et la satire bande mou : l’incursion des fantasmes d’Elliott dans son morne quotidien produit des scènes qui retombent toujours flasquement dans une image numérique dévitalisée, loin de la stylisation foutraque qui faisait jadis la marque de fabrique d’Araki. Il est parfois compliqué pour un cinéaste de la jeunesse de vieillir. Pour le meilleur, l’œuvre peut glisser vers le mélodrame hanté (c’était d’ailleurs le cas, pour Araki, de l’assez beau White Bird) ou radicaliser un geste initial (The Smell of Us de Larry Clark) ; pour le pire, rejouer avec moins d’entrain l’énergie des débuts ou finir par avoir sur les personnages filmés un regard de « vieux ». Soit les deux écueils principaux de I Want Your Sex.

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