© Warner Bros. Pictures
Justice League

Justice League

de Zack Snyder, Joss Whedon

  • Justice League

  • États-Unis2017
  • Réalisation : Zack Snyder, Joss Whedon
  • Scénario : Chris Terrio, Joss Whedon, Zach Snyder
  • Image : Fabian Wagner
  • Montage : David Brenner, Richard Pearson, Martin Walsh
  • Musique : Danny Elfman
  • Producteur(s) : Charles Roven, Deborah Snyder, Geoff Johns, Jon Berg
  • Interprétation : Ben Affleck (Batman/Bruce Wayne), Henry Cavill (Superman/Clark Kent), Gal Gadot (Wonder Woman/Diana Prince), Ezra Miller (Flash/Barry Allen), Jason Momoa (Aquaman/Arthur Curry), Ray Fisher (Cyborg/Victor Stone), Amy Adams (Loïs Lane), Jeremy Irons (Alfred)...
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Date de sortie : 15 novembre 2017
  • Durée : 2h00

Justice League

de Zack Snyder, Joss Whedon

L’assemblage


L’assemblage

Au mitan de Justice League, une scène vient ajouter une couleur potentiellement singulière à un film jusqu’ici très atone : Superman, tout juste revenu des morts, discute avec Lois Lane de son expérience « lazaréenne » sous un ciel orangé qui convoque le souvenir des crépuscules flamboyants du Hollywood classic. L’image ici retrouvée se superpose à une autre : celle du champ de maïs dans lequel la scène se déroule, chromo de l’Americana qui participe à la construction mythologique de Superman, alien qui est devenu, au fil de son enfance de fils de fermier, un Américain. Problème : la scène, loin d’être aussi étrange qu’escompté, glisse finalement comme les autres dans l’assemblage que tricote le film. C’est au fond une image feinte, qui a la surface (les couleurs du mélodrame) sans en avoir la substance – comme le méchant du film est un méchant feint, impersonnel et sans motivation digne de son nom, comme les traumas des héros sont des traumas feints, de simples prétextes pour donner une origine à leur sens moral.

Le ciel orangé est à l’image des vignettes qui ouvrent le film pour signifier la déliquescence dans laquelle le monde se retrouve plongé suite au décès de Superman à la fin de Batman v Superman – des activistes d’extrême-droite menaçant une femme musulmane et son fils, un clochard mendiant avec un panneau où est écrit « I tried » (« J’ai essayé »), etc. : une manière de mimer le sens, de reproduire l’apparence de quelque chose sans pour autant chercher à l’investir pleinement. Le film est au fond coupable de ne pas trancher entre le cartoon et le sérieux apparent d’un scénario qui évoque par ailleurs la vague d’attentats en Europe et articule l’intrigue autour d’une opération de nécromancie toutefois vidée de sa gravité. C’est que le vrai mouvement qui guide le récit prend la forme d’une opération mathématique : additionner les héros pour faire face à un adversaire qui de son côté additionne des boîtes pour déchaîner l’Apocalypse. Programme simple, machinique, qui fait de Justice League un blockbuster ni déshonorant ni honteux, mais simplement dénué d’intérêt et de sincérité.

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