Trois jours à Quiberon
© Peter Hartwig / Rohfilm Factory / Prokino Filmverleih GmbH
  • Trois jours à Quiberon
  • (3 Tage in Quiberon)

  • Allemagne, Autriche, France
  •  - 
  • 2018
  • Réalisation : Emily Atef
  • Scénario : Emily Atef
  • Image : Thomas W. Kiennast
  • Décors : Silke Fischer
  • Costumes : Janina Audick
  • Son : Jörn Martens, Kai Tebbel, Martin Steyer
  • Montage : Hansjörg Weißbrich
  • Musique : Christoph M. Kaiser, Julian Maas
  • Producteur(s) : Karsten Stöter, Kurt Stocker, Undine Filter, Thomas Král, Fred Premel, Sophie Dulac, Michel Zana, Danny Krausz
  • Production : Rohfilm Factory, Dor Film, Sophie Dulac Productions, Tita B Productions, Departures Film
  • Interprétation : Marie Bäumer (Romy Schneider), Birgit Minichmayr (Hilde Fritsch), Charly Hübner (Robert Lebeck), Robert Gwisdek (Michael Jürgs), Denis Lavant (le pêcheur poète), Christopher Buchholz (Dr Frelin), Vicky Krieps (la femme de chambre), Yann Grouhel (la réceptionniste), Vincent Furic (Dr Moriette), Loïc Baylacq (la propriétaire)
  • Distributeur : Sophie Dulac Distribution
  • Date de sortie : 13 juin 2018
  • Durée : 1h55
Wettbewerb – Compétition

Trois jours à Quiberon

3 Tage in Quiberon

réalisé par Emily Atef

Pour écrire le scénario de Trois jours à Quiberon, Emily Atef s’est basée sur des entretiens que lui ont accordés Robert Lebeck, photographe à la revue Stern à l’époque des faits, ainsi que Michael Jürgs, journaliste pour le même magazine : en 1981, Romy Schneider accepte de recevoir la visite des deux comparses à l’hôtel de Quiberon où elle effectue une cure. Au fil de l’interview, entre confessions intimes et poses de star, l’actrice se livre sur sa vie chaotique.

Une femme sous influence

Tourné dans un luxueux noir et blanc, Trois jours à Quiberon affiche une photographie rutilante pour mieux sculpter les visages de ses comédiens, creuser les sillons de tristesse qui abîment le visage encore avenant de Romy Schneider (ici incarnée par Marie Bäumer qui, il faut le reconnaître, ressemble à s’y méprendre à Schneider, en plus de livrer une performance largement convaincante). C’est l’un des aspects les plus intéressants de ce biopic resserré et sans doute à peu près le seul. Car pour l’essentiel, le film se réduit à des conversations encombrées d’une psychologie assez primaire et dispensable.

C’est d’autant plus regrettable que les acteurs, très impliqués (Marie Bäumer, donc, mais aussi entre autres Birgit Minichmayr, vue dans le Everyone Else de Maren Ade et qui joue ici Hilde, une amie intime de Romy), font justement tout ce qu’ils peuvent pour échapper à cette servitude du « tout psychologique », tendant à Emily Atef une perche qu’elle ne saisit pas : pour futile que puisse paraître ce récit anecdotique, il offrait ainsi des prises intéressantes, et aurait pu devenir quelque chose comme Une étoile est née rejoué en mode mineur. C’est néanmoins plutôt à Cassavetes que l’on pense, en particulier à Une femme sous influence : la caméra, très mobile, essaye de traquer la moindre altération dans l’humeur de son héroïne, pour suggérer que Romy est au fond une poupée fragile qui se réfugie derrière une forme d’intelligence affectée. La comparaison s’avère toutefois écrasante pour ce qui n’est en fait qu’un téléfilm de luxe : pas si mal filmé mais dépourvu d’une réelle proposition de cinéma.

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