© Peter Hartwig / Rohfilm Factory / Prokino Filmverleih GmbH
Trois jours à Quiberon

Trois jours à Quiberon

de Emily Atef

Trois jours à Quiberon

de Emily Atef

Les photos de Romy


Les photos de Romy

Pour écrire le scénario de Trois jours à Quiberon, Emily Atef s’est basée sur des entretiens que lui ont accordés Robert Lebeck, photographe à la revue Stern à l’époque des faits, ainsi que Michael Jürgs, journaliste pour le même magazine : en 1981, Romy Schneider accepte de recevoir la visite des deux comparses à l’hôtel de Quiberon où elle effectue une cure. Au fil de l’interview, entre confessions intimes et poses de star, l’actrice se livre sur sa vie chaotique.

Une femme sous influence

Tourné dans un luxueux noir et blanc, Trois jours à Quiberon affiche une photographie rutilante pour mieux sculpter les visages de ses comédiens, creuser les sillons de tristesse qui abîment le visage encore avenant de Romy Schneider (ici incarnée par Marie Bäumer qui, il faut le reconnaître, ressemble à s’y méprendre à Schneider, en plus de livrer une performance largement convaincante). C’est l’un des aspects les plus intéressants de ce biopic resserré et sans doute à peu près le seul. Car pour l’essentiel, le film se réduit à des conversations encombrées d’une psychologie assez primaire et dispensable.

C’est d’autant plus regrettable que les acteurs, très impliqués (Marie Bäumer, donc, mais aussi entre autres Birgit Minichmayr, vue dans le Everyone Else de Maren Ade et qui joue ici Hilde, une amie intime de Romy), font justement tout ce qu’ils peuvent pour échapper à cette servitude du « tout psychologique », tendant à Emily Atef une perche qu’elle ne saisit pas : pour futile que puisse paraître ce récit anecdotique, il offrait ainsi des prises intéressantes, et aurait pu devenir quelque chose comme Une étoile est née rejoué en mode mineur. C’est néanmoins plutôt à Cassavetes que l’on pense, en particulier à Une femme sous influence : la caméra, très mobile, essaye de traquer la moindre altération dans l’humeur de son héroïne, pour suggérer que Romy est au fond une poupée fragile qui se réfugie derrière une forme d’intelligence affectée. La comparaison s’avère toutefois écrasante pour ce qui n’est en fait qu’un téléfilm de luxe : pas si mal filmé mais dépourvu d’une réelle proposition de cinéma.

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