Il faut bien le reconnaître : la précédente édition du festival de Cannes nous avait laissés sur notre faim. Entre une Quinzaine des Réalisateurs en pleine crise d’identité et une Compétition Officielle maintenue sous respirateur par une invraisemblable accumulation de bouses (entre Soleil trompeur 2 de Nikita Mikhalkov et La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, entre La Nostra Vita de Daniele Luchetti et Route Irish de Ken Loach), la grisaille festivalière menaçait de tout envahir avant qu’un audacieux Thaïlandais n’illumine le Grand Palais de ses tours de sorcier. Les bonnes surprises, il avait fallu les chercher loin : à la Semaine de la Critique (Belle Épine de Rebecca Zlotowski, Rubber de Quentin Dupieux), à l’exceptionnelle cuvée de l’ACID (La Vie au ranch, La BM du Seigneur, Donoma et tant d’autres), chez les dinosaures d’Un Certain Regard (L’Étrange Affaire Angelica de Manoel de Oliveira) ou encore dans l’ombre des Séances de Minuit (Kaboom de Gregg Araki). Il semble que, cette année, un bon vent de récolte souffle sur la Sélection Officielle : pas celui des millésimes, certes, tant les habitués comme Almodovar, Von Trier ou Sorrentino ont cessé depuis longtemps de nous exciter, mais celui des bons crus, où les cinéastes attendus (les Dardenne, Gus Van Sant, Bertrand Bonello, Terrence Malick, Bruno Dumont, Hong Sang-soo, Eric Khoo) assurent la bonne allure d’une édition rythmée. Hormis Tree of Life et son buzz délirant, avouons que bon nombre d’autres titres excitent diablement notre curiosité, comme The Artist de Michel Hazanavicius, qui a rejoint depuis peu la Compétition – et a tout l’air de poursuivre la veine post-moderne des OSS 117, en plongeant cette fois, toujours avec Jean Dujardin, dans l’esthétique du cinéma muet –, les seconds longs-métrages des très prometteurs Valérie Donzelli pour La guerre est déclarée en ouverture de la Semaine, et Kamen Kalev pour The Island, présenté à la Quinzaine avec le dernier film d’André Téchiné, Impardonnables.
Cannes 2011
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